Dernière étape de notre parcours : Dharamsala en Himachal Pradesh... lieu de refuge du Dalai Lama... 14 heures de bus pour y parvenir. Mais la route de nuit ne nous a pas parue trop longue puisque le voyage se faisait de nuit. Une route qui tantôt était douce et large, permettant à notre chauffeur de ne klaxonner que toutes les 5 minutes ou tantôt étroite, cabossée qui nous transformait en salade ou en soda ... Tenter de dormir en se retenant de glisser ou en tressautant toutes les secondes n'était pas chose aisée et pourtant j'ai dormi, par intermittences certes, mais dormi assurement. Ces intervalles entre veille et sommeil ne sont pas pour me déplaire de toute façon, car ma grande passion en voiture, en train ou en bus est de regarder les autres que je croise le temps d'une demi seconde et de mesurer le temps en observant les caractéristiques des paysages entr'apercus.
Jusqu'à 3 heures du matin, il y avait toujours du monde sur le bord de la route. Seuls les animaux n'apparaissaient plus marchant, traversant, se reposant n'importe où, à n'importe quel moment. Après 3 heures, notre bus semblait le seul vehicule présent. Apres 3 heures, le calme est retombé. Plus de cris, plus de klaxon... Royal ! C'est vrai, ce bruit est tellement omnipresent en Inde que c'est sans doute la carateritisque la plus difficile à comprendre et admettre. Enfin, vers 5 heures le bus a commencé à entamer les lacets et dans la nuit qui s'eclaircissait peu à peu, je devinais la nature enveloppant tous les alentours. Puis le jour s'est levé sur un paysage de montagnes, Alpes ou Pyrennées, les deux à la fois. Les maisons ont eu des toits, un porche, un balcon. La route s'est reserrée dangereusement. On y etait, l'Himalaya enfin ! Dharamsala est un ensemble de villages. Un parking de bus : c'est le Dharamsala parking. Pas d'Indiens pour nous harceler "Taxi taxi... Tuc-tuc, tuc-tuc,... 150 roupies madame les 10 éléphants, 150 roupies pas cher..." Non juste un petit Indien "Taxi ?" "Non, bus pour Mc Load" (le village de Dharamsala où est notre hotel).. "Ah ... c est là bas !" Et nous voila dans le bus local pour franchir les 6 km restant entre Dharamsala parking et Dharamsala Mc Load. La montagne nous écrase tout autour. La mousson arrive : il se met à pleuvoir, pluie fine et lourde, toujours ce contraste étrange entre ce que l'on sait et ce que l'on voit. Nous avons passé la journée à déambuler dans les rues de la ville. Une ville qui s'organise essentiellement en 3 rues, dont 2 parallèles, toutes bordées d'échoppes tenues par toutes les populations qui co habitent ici : Indiens, Asiatiques, Tibétains... Une place, vraie centre de vie d'où partent les bus locaux. Des monastères qui colorent la ville de ses moines. Cela n'arrête pas pour autant la grande plaie de l'Inde d'être présente : les embouteillages ! La montagne tout autour noyée par la brume. Pas de soleil mais une fraîcheur comme un doux printemps précoce chez nous. Demain départ du trek ! Oups ! Je jubile. Comment arrêter le temps et prendre celui que je vis comme une parcelle d'éternité ?