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Journal des gros petits riens et des petits gros tout qui marquent ma vie

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Les enfants partis... ils reviennent

Je sais bien que pendant toute l'enfance de mes trois enfants, je n'ai jamais réfléchi au moment de leur départ. Il m'arrivait parfois de penser au jour où je n'aurai plus 10 000 chaussettes à trier, mais jamais à l'émotion de leur départ, de leur éloignement.
Cela s'est fait insidieusement. Les études de l'un, l'amour de l'autre et les voilà partis avec plus ou moins de kilomètres entre nous.
J'ai déménagé. C'est la vie qui a commandé ce mouvement et aujourd'hui je vis dans un grande ville, dans un appartement où aucun de mes enfants n'a vécu. Je n'ai pas leur mémoire dans les murs, juste dans les objets qui m'entourent. Je les sens loin et proche et la phrase qui me rend la plus heureuse est celle qui qui les rend malheureux : "tu me manques".
Il est doux ce manque. Il est puissant aussi. C'est ça : il est doux et puissant à la fois.
Leur indépendance n'est que relative, mais elle est là. Je les ai élevés pour cette indépendance sans me rendre compte que je me la donnais aussi. Et c'est cette indépendance qui me tombe sur le coeur comme elle tombe sur le leur.
enfants.jpg
Mes deux aînés vivent loin, seule ma petite dernière vit dans la même ville que moi.. Et quand l'un de mes aînés arrive ici pour passer quelques jours, mon coeur bat de joie. Même si les murs ont changé, si la rue est différente, si la ville est étrangère à eux comme à moi, on reprend nos marques comme si on ne s'était jamais quittés, comme si la vie avait cette intemporalité magique créée par l'inconditionnel amour que nous nous portons. Ma dernière qui habite la même ville ne me renvoie pas la même émotion. Si elle vient me voir, elle ne fait que passer. Et ce courant d'air conserve l'empreinte du manque tout le temps de sa présence.
On ne sait pas assez vivre au présent. Je ne sais pas assez prendre l'instant comme il est et le distancé de ce qui fut et de ce qui sera. Notre temps est trop humain. Il est biaisé par notre conscience.
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