Journal des gros petits riens et des petits gros tout qui marquent ma vie
Grande aventure aujourd’hui : prendre un bus jusqu’à la prochaine grande ville, puis de là prendre un taxi pour aller visiter le château souterrain de Zhangbi, à 80 km de Pingyao.
Avant de partir, je fais comme j’en ai pris l’habitude : je dessine un bus (enfin un truc qui doit ressembler à un bus) et je demande à notre hôtesse d’écrire la première destination : Jiexiu et la suivante : Zangbi.
Nous partons ensuite à pied à la gare routière pour acheter le billet. Départ dans 20 mn, le temps d’être la cible de tous les Chinois qui trainent dans la gare, pour nous dévisager, nous sourire parfois ou même nous lancer un « hello » quand ils sont ravis d’essayer leur anglais.

Par chance, comme nous avons commencé le voyage au terminus de la ligne, nous sommes assis. Ce qui n’est pas le cas d’une foule pressée, compressée qui ne cesse de monter aux multiples arrêts de Pingyao. On file comme on peut sur une route parfois chaotique, parfois superbement asphaltée.

Jiexiu ! Un nombre certain de Chinois nous repère et nous apostrophe, tandis que le bus s’enfile dans le parking de la gare routière. « Taxi, taxi… hello, hello… » Un seul s’approche de la porte du bus qui s’ouvre. Les autres restent hors du parking. Bon, cela doit être à son tour de prendre le client… Palabre, palabre, j’obtiens 80 Y (aller retour et attente comprise) pour les kilomètres restant à parcourir alors que l’on vient d’en dépenser 9 pour faire 60 km !
Notre chauffeur est un bavard et je ne parviens pas à lui faire comprendre que je ne parle pas le mandarin, ni aucun dialecte chinois. Je sors mon lexique et lui montre la phrase « Je ne comprends pas ». Je n’ai malheureusement pas dans mon lexique la phrase « Je ne parle pas le mandarin », ce qui est normal puisque c’est un guide de conversation pour aider ceux qui commencent à apprendre… Donc, pour lui "je ne comprends pas" veut dire "Je ne comrpends pas votre accent". Et il se met à écrire ce qu'il voulait me dire !Comme , je recommence à lui faire lire la phrase pas magique du tout, il se tourne vers Claire et lui montre sa phrase écrite...
Oups, c’est toujours du chinois pour nous !
Une fois sur le site, nous commençons la visite par celle du restaurant !
Petits plats pas trop mauvais. Maintenant que l’on se méfie, on arrive à choisir quelque chose qui se mange. Par contre, comme tous les plats sont des plats que l’on partage, Claire, qui a commandé des œufs frits, s’est retrouvée avec une bonne dizaine d’œufs dans son assiette ! J’ai eu plus de chance avec mes arrêtes entourées de poisson.
Pas facile de trouver l’entrée du site ! C’est souvent le cas, aucune indication compréhensible ne permet de la détecter. Bon, le château est en fait une galerie défensive souterraine creusée il y a 1400 ans.
Une fois l’escalier trouvé et descendu, nous nous mettons sous la première lumière pour lire attentivement ce qu’écrit le Lonely. « Les guides, qui ne parlent que chinois, sont indispensables pour ne pas s’égarer …» On se regarde et on éclate de rire ! Je m’imagine déjà perdue dans les tunnels, arpentant indéfiniment les mêmes couloirs à la recherche de la sortie.
Laissant notre fou rire ("jaune"?) de côté, on détermine une tactique : tout droit, toujours tout droit.
On avance. C’est toujours la même chose. Au bout du tunnel, après le coude qu’il forme, il y a un autre tunnel… Bon… visite passionnante au demeurant, mais … c’est un peu répétitif.
On remonte et on visite le merveilleux village de la dynastie Yuan toujours habité.

Retour sans encombre. Le chauffeur était bien là, toujours aussi bavard, des fois qu’on aurait appris le chinois dans les souterrains…
Le bus est là aussi. Départ immédiat !
Sont fous ces Chinois !!
Seule anecdote amusante, l’embouteillage monstre que notre bus a provoqué en créant une troisième file à côté d’une deuxième, déjà illégal. Faire passer des bonhommes en même temps dans un endroit fait pour un seul, ce n’est pas pareil que de faire passer des bus, des camions, des voitures, des motos, des sanlunche, des vélos sur une seule file officielle et quatre officieuses …
J’ai comparé cela à un nœud de voitures. Vous savez ce genre de nœud qui se créé tout seul sur les fils de chargeurs et d’écouteurs. Vraiment impressionnant ! Deux gendarmettes n’en sont pas venues à bout. Il a fallu l’aide d’un flic, secondé par des passants managers et des commères de tout poil. Prodigieux !

En tout cas, merveilleuse journée. Ces promenades hors des sentiers battus de touristes touropératorisés sont une merveille.
On étonne et ravi les Chinois qui sont toujours là pour nous aider à partir du moment où ils comprennent qu’ils pourront nous répondre. Le Chinois détestant perdre la face, il est important de ne pas le mettre en faute et de lui faire comprendre très très vite que ce que l’on demande est facile. Notre hôtesse était tellement contente du programme de notre journée qu’elle nous a offert deux bouteilles d’eau ce matin. Et ce soir, au restaurant uniquement fréquenté par des Asiatiques, nous avons même trinqué en échangeant eux, deux mots d’anglais et nous deux mots de chinois.