Pour aller à Dharamsala, j'avais réservé en France, avant le départ une place dans le bus Volvo deluxe. C'est un bus qui ressemble à ce que l'on connait : propre et aux amortisseurs en bon état. 13 heures de voyage pour 840 roupies, soit 13 euros environ. J'avais réussi à dormir, malgré les secousses, les virages.

Mais au retour, les autres ont décidé de réserver le bus Deluxe pour 660 roupies, soit 9 euros. Mais quand on retire Volvo à un bus, on comprend rapidement la différence : les amortisseurs et la saleté. En quelques heures, l'allée s'est transformée en poubelle et moi en crêpe, soda ou salade selon les creux, les bosses ou les virages. Impossible de fermer l'oeil, sauf une fois puisqu'après un virage légèrement plus violent que les autres, je me suis réveillée, boulant par terre.
Par chance, nous n'étions que 12 dans ce bus et nous avons réussi à nous allonger sur une rangée entière, laissant les pieds au milieu de l'allée. Certains se contentaient de se replier sur deux sièges, mais je n'y suis pas parvenue, sauf la fois où j'ai roulé par terre.
L'arrivée à la gare routière ne fut pas moins épique. Tous les conducteurs de tuc tuc nous ont vite repérés et dès que nous avons posé un pied dans la rue, ils nous ont tous sauté dessus pour nous offrir leur service. Évidemment, cela n'a pas manqué, l'un d'eux s'est même précipité pour nous dire que notre hôtel était fermé tandis qu'un autre que notre hôtel avait brulé... Ah ces Indiens !
C'est un taxi qui nous a emmené, le seul et unique de la gare routière, vieille voiture sans clim et chauffeur terne et triste.
Car c'est surtout cela que je retiens de l'Inde : le manque de sourire. Je me souviens de ces années passées en Afrique noire et du rire de tous les Africains rencontrés au cours de mes pérégrinations. Ce rire bon enfant présent dans tous les transactions, tous les contacts, que ce soit pour acheter des tomates ou marchander le prix d'un objet. L'Indien ne rit pas et va jusqu'à se forcer à ne pas sourire quand il est pris en photo par un ami indien.