Journal des gros petits riens et des petits gros tout qui marquent ma vie



Un effort de tous les instants, un dépassement de soi et autour, tout autour, la nature comme je ne l'ai jamais vue, plus que les Alpes, mieux que les Pyrénées, et les arbres qui font penser aux Vosges... 8 heures de montée avec des haltes pour admirer, photographier et respirer, pour manger des snickers (achetés hors forfait trek) ou notre riz quotidien accompagné de dal (sauce aux légumes) et de shapati dans les cafés qui jalonnent notre route. Ces cafés sont des tentes posées sur des pierres cimentées qui vendent de tout sauf du café !
On monte et notre guide est aux petits soins pour moi la "old people", me désignant la bonne pierre sur laquelle je dois poser mon pied.. 8 heures intenses... et le bout un rêve ! Un pan de montagne, plus vert que vert et sur ce vert très vert, trois maisons en dur et deux tentes cafés. Deux des maisons en dur sont des hôtels chers alimentés en électricité par panneaux solaires. L'autre est le notre : une petite maison rectangulaire de deux chambres. L'une est celle de notre hôte et l'autre sera la notre pour deux nuits. Un grand lit (à utiliser pour nous 4 et que nous utiliserons en nous couchant dans le sens de la largeur) qui occupe 95% de l'espace.

On est trempés mais tellement heureux ! repas 7h, coucher 8h. Pas d'électricité, Rien à faire, juste bavarder dans le noir. 10h tout le monde dort.
Et le lendemain, départ à 8h pour un autre sommet, un autre chemin empierré... 3500 m ! Il fait frais, mais quand on marche, on est en tee shirt. Une journée sans pluie et une autre nuit dans notre lit humide qui n'a pas eu le temps de sécher après la pluie de la veille.
Le lendemain on découvre au lever, le soleil enfin ! Quel soleil ! En un quart d'heure nos vêtements humides sont secs ! Le paysage est encore plus sublime, plus intense. Nous découvrons enfin ce que la pluie et la brume nous cachait. Les sommets autour de nous, nous paraissent immenses et les vallées très lointaines, en contrebas.
Et c'est la descente.... Et quelle descente ! Le chemin de chèvres dans ce sens la, parait encore plus périlleux... Le soleil disparaît, la brume s'épaissit et la pluie tombe drue.
Quelle joie, quelle fierté de traverser le village, encapuchonnés dans nos panchos...
Retour au bruit, retour à l'électricité et au net qui manque .....