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Journal des gros petits riens et des petits gros tout qui marquent ma vie

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Jaisalmer

Enfin Jaisalmer ! Que c'est beau ! La route a été longue, mais vraiment c'est une ville à ne pas rater... 10 heures de route, soit 430 km. Route paisible, sans incident, si ce n'est que Arvin notre chauffeur nous a encore arrêté dans un de ces restaurants pour touristes qui jalonnent la route. Il est vrai que cela lui permet à lui de faire une pause, mais nous ne voulons pas accepter cette pause attrappe touristes. Nous nous contentons d'utiliser les toilettes devant lesquelles deux indiens nous attendent avec un pli de papier hygiénique. Et quand nous ressortons des toilettes, ces mêmes Indiens nous attendent avec un billet de 10 roupies sur les plis de papier pour nous en indiquer le prix. Qu'à cela ne tienne ! 10 roupies pour faire pipi sur la route dans un endroit correct, nous va parfaitement, mais passer à la "shop" ensuite ou boire ou manger, cela n'est guère attirant... Arvin, d'ailleurs nous indiquera vers 14h un restaurant typiquement indien.

Route sans histoire donc. Les voitures se font de plus en plus rares, les piétons de plus en plus nombreux. Ils marchent, souvent en groupe et le soir, le premier de la file porte un drapeau. Ils vont prier au temple, nous dira Arvin..

Jaisalmer donc ! Jaisalmer la cité ocre.

L'hôtel réservé est en plein coeur de la ville, dans la forteresse. Notre mini bus ne peut pas y accéder (les rues sont bien trop étroites) et nous y allons à pied, toujours suivis, comme chaque fois, de mille regards curieux, de "hello"; "What is your name ?".
C'est là l'épisode de la chambre à 4 dans un grand lit et la recherche d'un autre hôtel, une perle de paix et de convivialité.
La chambre à 4 est entre le souvenir désagréable et le souvenir fou rire. Imaginez une maison étroite, toute en hauteur et à la configuration biscornue. Demi palier, palier, couloir, escalier .. Tout est étriqué. Avant d'arriver à notre chambre, nous découvrons un palier terrasse qui s'ouvre sur les toits voisins. On pousse un "Oh !". La porte de notre chambre s'ouvre et on pousse encore un "Oh !" mais pas le oh de l'admiration, celui de stupéfaction : un lit immense qui prend toute la largeur de la chambre et les 4/5 de la longueur, 3 oreillers et posé sur le lit un petit sac transparent contenant d'indéfinissables échantillons de produits. Pas de fenêtre, une odeur de naphtaline très forte, une chaleur étouffante...
Après notre éclat de rire jaune, je prends la décision : on change d'hôtel !
La démarche ne fut pas simple. Dans mon anglais, j'ai baragouiné que la chambre était impossible, trop petite et sans fenêtre, mais que ce n'était pas grave, qu'on était pas fâchés et qu'on préférait changer d'hôtel...
Arvin est venu à la rescousse de mon vocabulaire défaillant, les autres sont intervenus aussi et nous sommes repartis dans cette nuit d'encre noire, tirant et portant nos bagages dans les ruelles hyper étroites, encombrées de rickshaws, de motos et d'hommes.


Arvin nous a présentés un hôtel à sa convenance (nous apprendrons que dans les hôtels hors des murs de la ville, il peut dormir et manger gratuitement dans notre hôtel, tandis qu'à l'intérieur des murs, il ne peut pas à cause de la voiture et doit donc se payer le gite, le couvert et le parking).
C'est le fameux "Listen people, there is a problem..." que nous entendrons plusieurs fois par la suite...
Mais nous avons opté pour une merveille, inoubliable gite, vue sublime sur la ville et les remparts, aubergiste accueillant, chambre spatieuse avec fenêtre bien sur !!!



Avec petit déj, hyper sympa..



 

Jaisalmer, c'est une ville aux rues étroites, une suite de "shops" pour touristes, des hommes interpellant le passant, des vaches (il y a 54 dans la forteresse) qui traînent leur nonchalance, leurs flancs gonflés et leur dos décharné et le soir, les femmes qui sur le pas de la porte, assises discutent avec leurs voisines.

Nous acceptons la visite de la forteresse avec un guide qui baragouinent le français, juste en utilisant le vocabulaire nécessaire à sa description. En dehors de celle ci, il ne comprend absolument rien, pas même un vocabulaire basique.
Jaisalmer, hors des murs de la forteresse est aussi bruyante que les autres villes traversées : cris, klaxons, moteurs.
Et, vue des remparts, la ville est une perle, au porte du désert, un désert semi désertique qui mêle herbes rares, arbres solitaires et dunes.



Dans une petite heure on part dans le désert. Safari touristique, mais un moyen aussi de voir le désert de plus près, loin de la foule, loin du bruit. Deux heures de chameau, une nuit dehors à la belle étoile, deux heures encore sur notre monture.
J'appréhende un peu le moment où le chameau va me lever dans les airs .... et (pour une autre raison) la soirée prévue avec d'autres touristes pour assister à une danse et manger tous ensemble des plats indiens pensés indiens pour des touristes.
Être touriste sans le montrer c'est bien mon rêve (comme beaucoup), mais ce n 'est pas facile. Je veux bien visiter des choses, aborder une autre culture, manger une autre cuisine, mais côtoyer mes semblables qui pensent savoir avant de comprendre, ce n'est pas ma tasse de thé. Je préfère ne pas connaître que de voir ce qu'on accepte seulement de me montrer. Je vais dans le désert pour le chameau et le paysage. Je n'y vais pas pour les hommes qui y vivent parce que je ne me fais pas d'illusion ; on ne verra rien... seulement l'image d'une carte postale pensée par ceux qui pensent que les autres pensent, nos guides et ces sacrés autres touristes sans doute perdus comme nous le serons, pris dans le piège de l'argent que nous avons en trop aux yeux des Indiens...
Le désert pour moi est un lieu de calme... Avec moi même, je vais me rencontrer et savourer l instant magique d'être là, ailleurs...
Allez je quitte ce cyber où il fait trop chaud même sous le ventilateur et je vais rejoindre Arvin notre chauffeur. 
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